Réduire l’utilisation du cuivre en viticulture: les combinaisons de mesures sont les plus efficaces

Lucca Zachmann, Robert Finger*

Le cuivre est largement utilisé en viticulture suisse, mais il est de plus en plus remis en question en raison de ses risques environnementaux. Une nouvelle étude de l’ETH Zurich (Zachmann et al. 2026) montre comment en réduire l’usage. Quelles mesures font vraiment la différence?

Les fongicides à base de cuivre constituent un élément central de la protection des vignes en viticulture, tant biologique que conventionnelle, notamment pour lutter contre le mildiou. Dans le même temps, le cuivre est considéré comme problématique pour l’environnement en raison de sa persistance dans le sol et de ses effets négatifs sur les organismes du sol. En Suisse comme dans l’Union européenne, son utilisation fait donc l’objet d’une pression réglementaire croissante, dans le but de réduire les risques et de mettre en place des alternatives à long terme.

Des approches très hétérogènes pour réduire le cuivre

Une enquête menée par l’ETH Zurich auprès de 489 exploitations viticoles biologiques et conventionnelles dans toutes les régions linguistiques suisses montre que 73 % des exploitations utilisent des fongicides à base de cuivre. Parmi celles-ci, 57 % appliquent déjà des mesures explicites de réduction. La mise en œuvre de ces mesures est toutefois très hétérogène : au total, 94 stratégies différentes ont été identifiées, le plus souvent sous la forme d’une combinaison de plusieurs mesures. Les mesures individuelles jouent un rôle secondaire.

Les mesures les plus courantes sont des actions à court terme axées sur l’efficacité et la prévention, telles que l’ajustement des doses de cuivre, l’optimisation des dates de traitement ou les travaux de la canopée. En revanche, les approches de substitution (par exemple des alternatives au cuivre comme le carbonate de calcium), ainsi que les transformations à long terme des systèmes de production—comme l’utilisation de cépages résistants aux maladies fongiques—sont nettement moins répandues.

Le plus grand potentiel de réduction provient des stratégies combinées

L’analyse statistique des quantités de cuivre utilisées dans les exploitations montre que c’est grâce à des stratégies combinées que l’on obtient les plus grands potentiels de réduction. La combinaison de la prévention, de l’efficacité et reconception du système (redesign) s’avère particulièrement efficace. En moyenne, cette combinaison permet de réduire l’utilisation d’environ 0,65 kg/ha/an par rapport aux exploitations ne mettant en œuvre aucune mesure de réduction. En revanche, les approches purement basées sur la substitution ou les mesures isolées ne montrent pas d’effets significatifs.

Les résultats montrent en outre que de nombreuses exploitations opèrent déjà en dessous des limites légales et des seuils fixés par les labels. Malgré cela, la charge environnementale reste problématique, car le cuivre s’accumule dans le sol et agit sur le long terme. Une réduction durable nécessite donc plus qu’une simple optimisation des pratiques existantes ; elle exige des changements structurels dans les systèmes de production, par exemple par l’utilisation de cépages résistants aux maladies fongiques.

Conclusions et recommandations

  • La réduction du cuivre en viticulture est possible, mais elle nécessite des approches combinées.
  • Les politiques publiques et les services de conseil devraient promouvoir davantage les mesures de prévention et de reconception (redesign), par exemple en soutenant l’introduction de cépages résistants, en favorisant les échanges de connaissances et en mettant en place des incitations ciblées pour les combinaisons de mesures.
  • Les mesures isolées ne suffisent pas. Des stratégies intégrées sont essentielles pour atteindre les objectifs environnementaux sans compromettre la production.

Etude : Zachmann, L., Pertot, I., & Finger, R. (2026). Farmer adoption and effectiveness of copper-reducing strategies in Swiss viticulture. Crop Protection, 107633.  https://doi.org/10.1016/j.cropro.2026.107633

* Auteurs: Lucca Zachmann (ETH Zürich) , Robert Finger (ETH Zürich). Contact : lzachmann@ethz.ch

Voici la version allemande e anglais https://www.agrarforschungschweiz.ch/2026/06/weniger-kupfer-im-weinbau-kombinationen-von-massnahmen-bringen-den-groessten-effekt/

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About Robert Finger

I am professor of Agricultural Economics and Policy at ETH Zurich. Group Website: www.aecp.ethz.ch. Private Website: https://sites.google.com/view/fingerrobert/home